Retour sur la soirée Outside Insight Paris du 5 Décembre 2017

Après San Francisco, Sydney, Hong Kong ou encore Berlin, l’édition parisienne de notre événement Outside Insight a réuni ce mardi 5 décembre plus d’une centaine de dirigeants et de professionnels du marketing et de l’innovation.

Un grand merci à nos partenaires Forbes, Frenchweb, l’Université Paris-Saclay et le CMIT pour nous avoir aider à assurer le succès de cette première édition !

Comment prendre de meilleures décisions stratégiques ?

Jorn Lyseggen, Fondateur et CEO de Meltwater, a d’abord présenté son nouveau modèle de prise de décision, qu’il développe dans son livre “Outside Insight : Navigating a World Drowning in Data”.

« Il y a énormément d’informations disponibles sur internet, que les entreprises n’incluent pas encore dans leurs prises de décisions. Aujourd’hui, nous nous concentrons majoritairement sur nos données internes, en investissant beaucoup de temps et d’argent à structurer, collecter et analyser ces données-là. Mais ces données sont biaisées. Elles ne vous informent que sur vous et votre système opérationnel. Ce sont vos revenus, votre rétention client, votre efficacité commerciale, votre coût d’acquisition par client. »

Jorn Lyseggen propose d’intégrer dans sa stratégie de nouveaux types de données, comme les offres d’emploi, les dépenses publicitaires, les dépôts de brevets, les avis consommateurs, qui sont toutes des informations accessibles en ligne.

Prenons l’exemple d’Apple. La firme a été très discrète à propos de ses travaux sur la voiture autonome. Mais si vous veilliez sur ses recrutements de début 2016, vous auriez remarqué une suite d’événements intéressants. Tout d’abord avec l’embauche d’un ingénieur de renom, expert sur le sujet des véhicules autonomes. Puis ont suivi un chercheur diplômé de l’Institut Carnegie Mellon’s Robotics, et un ingénieur qui travaillait auparavant sur le projet de voiture autonome de Tesla. Difficile d’y voir une simple coïncidence.

« Aujourd’hui, les entreprises ont accès à suffisamment d’informations pour suivre en temps réel tous les facteurs de leur marché qui influence leur business. Les entreprises qui sont à l’écoute vont posséder un avantage phénoménal face à leurs concurrents ! »

Mais pour arriver à collecter et analyser toutes ces informations, il faut s’équiper d’outils, s’appuyant sur l’Intelligence Artificielle.

Comment l’IA va-t-elle transformer notre prise de décision en entreprise ?

Lors d’une table ronde sur le sujet, Jorn Lyseggen a été rejoint par Frédéric Cavazza, expert marketing et auteur du blog fredcavazza.net et Laurent Pantanacce, COO de l’entreprise spécialisée en IA X-Brain et Marjorie Paillon, journaliste chez France 24.

Quels sont les usages aujourd’hui de l’Intelligence Artificielle ?

L’IA est présente partout. Sur votre fil d’actualité Facebook, derrière les publicités que vous recevez lorsque vous ouvrez une page. Cependant, pour Jorn Lyseggen, de nombreuses personnes mystifient l’IA de façon non constructive.

« Il n’y a aucune intelligence derrière une IA, mais uniquement des algorithmes et des statistiques. Ce sont des programmes qui intègrent une très grande quantité de donnée, pour y identifier des anomalies et des similarités. L’IA nous permet simplement de mieux automatiser les tâches que nous ne souhaitons pas faire nous-mêmes. »

Laurent Pantanacce illustre parfaitement cette idée avec les centres d’appels. Aujourd’hui 80% des questions posées par les clients à ces centres d’appels sont les mêmes. Est-ce que ce produit est disponible aujourd’hui ? Est-ce que vous livrez bien dans ma ville ? Les employés y répondent alors simplement par Oui ou Non. A la fin de la journée, c’est du temps et du potentiel humain qui a été utilisé pour répondre à ces questions peu valorisantes.

« L’IA représente l’opportunité d’automatiser ces questions/réponses, et de laisser l’humain intervenir lors de problèmes plus complexes. »

Quelle répartition des rôles entre humain et machine ?

Pour Frédéric Cavazza, la réponse est claire. “L’Intelligence Artificielle est idéale pour analyser la data et en faire ressortir des patterns, des modèles. Mais ces patterns ne suffisent pas pour prendre des décisions. Ils nécessitent l’analyse d’un humain qui en déduira des enseignements pour l’aider à allouer ses budgets ou prendre ses prochaines décisions stratégiques. »

« On peut voir l’IA comme un GPS. » ajoute Jorn. « C’est un outil qui nous permet de comprendre où nous nous situons et quelle direction prendre. Mais la décision finale appartiendra aux dirigeants « vais-je franchir cette montagne ou la contourner ?« . Car finalement, une décision ne se prend pas seulement grâce aux données, mais implique également des notions d’éthique et d’empathie, que les algorithmes pourront difficilement remplacer. »

L’humain sera-t-il obsolète lorsque l’IA sera popularisée au sein des entreprises ?

C’est une interrogation que l’on retrouve face à chaque nouvelle technologie émergente. Pour notre panel, il est évident que des changements sont à prévoir, mais qui ne seront pas nécessairement négatifs.

« Au fur et à mesure que la technologie avance, des emplois disparaissent. », précise Laurent Pantanacce. « Je pense que dans cette salle personne ne connaît de forgerons. Par contre j’ai pu voir certains CDO et Data Scientists. Ce sont des métiers qui n’existaient pas il y a dix ans ! Et qui dans dix ans seront remplacés par d’autres jobs comme External Data Scientists. »

Un autre exemple est celui des webmasters, qui étaient très nombreux il y a 15 ans. Entre temps, beaucoup se sont reconvertis en community managers. Au lieu de se demander si la technologie va nous priver de nos emplois, il faut se demander comment nos emplois vont pouvoir bénéficier de cette technologie.

Le métier de community manager est d’ailleurs un cas intéressant. Il ne requiert pas de compétences techniques, alors qu’il n’existe que grâce à la technologie. Un bon community manager est une personne authentique, alignée avec les valeurs de la marque et souvent dotée d’un sens de l’humour. Face à ces technologies qui prennent en charge l’aspect technique, il y a une forte demande de profils qui nécessitent des qualités purement humaines.

Alors justement, quelles seront les qualités à développer pour s’adapter à ce changement ?

Authenticité, culture de la donnée et remise en question

Pour Frédéric Cavazza, il y a deux qualités essentielles que devront avoir les dirigeants de demain :

  • La culture de la donnée : les managers devront être capable de comprendre la data qui leur est présentée  d’où elle vient, ce qu’elle signifie, son potentiel et ses limites.
  • L’ouverture d’esprit : il sera fondamental pour les dirigeants d’être en questionnement permanent face aux informations qui leurs sont présentées.

Demain la différence se jouera pas entre les dirigeants qui suivent les recommandations de leurs outils, et ceux qui les questionnent. Une intelligence artificielle est forcément biaisée, par ceux qui la créent, par la data qu’elle assimile et par les usages auxquels elle doit répondre. Il est important que les dirigeant le comprennent pour mieux s’en servir.


Automatisation et aide à la décision avec Meltwater

Suite à ses nombreux investissements dans l’Intelligence Artificielle (voir les Top Acquirers of AI Startups), Meltwater développe des solutions pour faciliter le quotidien des dirigeants et professionnels du marketing.

Nos solutions permettent d’automatiser toute la veille et l’analyse de la couverture médiatique des entreprises, via notre offre de rapport média.

Notre service Executive Alerts permet quant à lui de veiller toute l’information sur votre marque et marché, pour être alerté uniquement des 10 informations cruciales de la journée : actualité importante d’un concurrent, changement de stratégie publicitaire ou encore mentions d’influenceur les médias sociaux.